Une pharmacie a souvent des airs de fourmilière. Entre la gestion des nombreuses ordonnances, des différents services offerts et des suivis à effectuer, comment s’assurer que chaque minute est investie au bon endroit? L’approche vigie, présentée par l’Ordre des pharmaciens du Québec il y a quatre ans, apporte de nombreuses pistes de solution. Bilan.

Un sondage maison réalisé en avril dernier par l’Ordre et auquel 87 pharmaciens ont répondu indique que 98 % d’entre eux ont eu recours à l’approche vigie. Du nombre, 43,7 % des répondants ont indiqué l’appliquer « tout le temps » et 41,3 % le font « souvent ».
Les deux tiers des professionnels sondés ont d’ailleurs conféré une note parfaite à l’approche vigie lorsqu’ils ont été questionnés sur sa pertinence.
Celle-ci s’avère fort utile dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, aussi bien en pharmacie qu’en médecine familiale, jumelée à une population vieillissante nécessitant plus de soins.
Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Vivamus turpis ex, sollicitudin at purus vel, rutrum tincidunt tellus. Interdum et malesuada fames ac ante ipsum primis in faucibus. Vestibulum luctus dolor vitae leo euismod, rhoncus lobortis odio volutpat. Aliquam scelerisque nibh nulla, ut elementum massa convallis quis. Aliquam erat volutpat. Aliquam at purus lacus.
En vue du projet de loi 67
L’entrée en vigueur du projet de loi no 67, qui élargira les activités professionnelles des pharmaciens, changera aussi la donne. La profession sera plus névralgique que jamais. L’approche vigie pourra alors aider les pharmaciens à déterminer quoi prioriser à l’avenir, le tout sans négliger la surveillance des patients qui en ont le plus besoin.
« Notre ADN va demeurer la surveillance. Il faut être capable de se réorganiser en gardant en tête le maintien des activités essentielles pour tous les patients », relève l’inspectrice Karine Patry, qui rappelle qu’en 10 ans, 3 projets de loi – 41, 31 et maintenant 67 – ont été adoptés et sont venus bouleverser l’exercice de la pharmacie.
Il est donc tout à fait envisageable que certains pharmaciens choisissent de ne pas offrir certains services qu’ils pourraient proposer grâce à la nouvelle loi, ou bien de les offrir dans certaines plages horaires seulement. « Ils devront être
organisés, et il faut prévoir un temps d’adaptation, souligne Mme Patry. Il faut être capable de faire les bons choix en fonction des effectifs en place et en adéquation avec les soins et services déjà offerts. »
« Avec le projet de loi 67 qui s’en vient, on craint de ne pas avoir le temps de tout faire, mais avec l’approche vigie, ce n’est pas vrai : ça va nous permettre de cibler les actions importantes et urgentes », relativise la pharmacienne Sophie Bonaventure. « Il y aura des urgences qu’il faudra gérer tout de suite sans qu’elles soient importantes, et il y aura des actions importantes qui ne seront pas urgentes. »
|
Élément à considérer |
Bonnes pratiques |
|
|
Type de message |
|
|
|
Consentement et horaire d’envoi |
– Avec l’approche vigie, on va se libérer du temps. »
|
|
Optimistes pour la suite
« La bonne nouvelle, c’est qu’on va libérer du temps, prévoit Carole Cyr, pharmacienne propriétaire d’un établissement de Montréal. Une grande partie du PL 67, ce sont des actes qu’on faisait déjà, mais en étant surchargés, on n’y arrivait pas. Avec l’approche vigie, on va se libérer du temps. »
Il faudra y aller par étapes, renchérit sa consœur Manon Veri. « Selon notre degré de confort vis-à-vis de certaines tâches, on va se rendre à un certain niveau [de services], précise-t-elle. Ensuite, on pourra ajouter d’autres cordes à notre arc en temps et lieu. Ça ne nous fait pas peur. »
Les patients en seront gagnants. « C’est sûr que certains suivis vont prendre quelques minutes de plus, mais je pourrai faire quelques tâches moi-même au lieu de dire à mon patient d’aller voir son médecin ou de faire faxer quelque chose », ajoute Mme Veri.
L’équipe entend se diviser le travail afin d’offrir un éventail de services à sa clientèle sans pour autant être surchargée. « Les pharmaciens vont faire des choix et se diviser les spécialités : moi, j’ai choisi le voyage, note Carole Cyr. Cette approche collaborative va faire en sorte qu’on va y aller en fonction de nos intérêts et être complémentaires. Le PL 67 va démontrer toute la pertinence de notre profession. »
Sophie Bonaventure, qui exerce à Bois-des-Filion, est aussi enthousiasmée par l’avenir. « Avec le manque de médecins de famille, les patients orphelins et les plus vulnérables vont bénéficier de l’approche vigie, fois mille, parce qu’on pourra être là pour eux quand ça comptera. »